✸Grange-Blanche est une grosse portion de Montchat : il y a eu le Domaine Agricole, la propriété, et puis l'hôpital ! Et la vie à Montchat, c'est aussi le rapport des habitants avec leurs hôpitaux… Le quartier, a été qualifié un temps "quartier des hôpitaux" par des gens extérieurs…
*Nous avions consacré plusieurs billets à Grange-Blanche sur ce blog et l'ancien blog:
•Domaine de Grange-Blanche < https://aufildemontchat.blogspot.com/2023/09/domaine-de-grange-blanche-schema.html >
•de Grange-Blanche à Hôpital Éd.Herriot < https://montchatdu20au21.canalblog.com/archives/2023/03/23/39852571.html >
•itinéraire d'un Hôpital < https://montchatdu20au21.canalblog.com/archives/2022/03/24/39398193.html >
•du projet au nouvel hôpital < https://montchatdu20au21.canalblog.com/archives/2023/10/05/39939413.html >
aux Urgences
Il existe plusieurs sortes d'urgences dans les hôpitaux de Lyon en fonction des problèmes de santé… À Éd.Herriot, il y a les urgences générales, les adultes, personnes âgées, ophtalmologique, dentaire, etc…
Les enfants vont à l'Hôpital Femems-Mère-Enfants au Vinatier, les brulés vont à st-Joseph,
*Nous voici dans le vécu de l'hôpital côté "consultations" : une expérience de plusieurs heures en tant que "Patient" aux urgences… le mot n'est pas vain !
De jour
Les locaux ont été refaits plusieurs fois depuis les deux dernières décennies : aménagements, peintures, aération, lumières naturelle ou électrique, sièges, tout est propre et les patients sont discrets. Les fenêtres sont bloquées et on aperçoit les restes des jardins de T.Garnier au-dessus des vitres masquées.
Le protocole de réception, administration se fait en plusieurs étapes : réalité de l'urgence, inscription, observation infirmière.
Le personnel est très à l'abri tant au niveau sanitaire que social.
Le passage auprès d'un médecin se fait évidemment en fonction de votre urgence vitale, puis dans votre ordre d'arrivée (parfois contre-balancé par votre situation déclarée).
Les clients arrivés par les services extérieurs de secours ne sont pas stationnés aux mêmes endroits que "les entrées spontanées".
Les adultes des urgences de notre expérience, sont variés, Des actifs en accident du travail, en maladie s'aggravant, en symptômes virulents ou inexpliqués. Certains semblent des habitués, Certains sont accompagnés (couples, adolescents avec un parent) ; certains parlent peu ou mal le français.
De manière générale les malades (et leur accompagnant) sont discrets… ils tapotent leurs petits écrans, en sont absorbés, certains préviennent des proches, demandent des informations, préviennent des gens, règlent des affaires… Plusieurs ont des écouteurs et patientent en musique… Quelqu'uns jouent…
Dans la suite de la journée ou de la nuit, il y en a toujours un ou une qui "s'expriment pour des sourds", souvent dans une langue étrangère au public (craignent-ils moins qu'on comprenne ? sont-ils indifférents au lieu, au contexte ? ont-ils l'habitude de parler fort, de donner des ordres ?
Les sièges sont bien conçus, en bois, droit, facile à nettoyer, fixés au sol, avec accoudoirs… Cependant certains détournent l'installation pour s'allonger. Mais l'assise des heures durant tale les fesses, car dure : alors on se tortille, change de position, se lève pour marcher un peu dans le couloir… prendre le temps et "son mal en patience".
Un lavabo et de l'eau sont à disposition pour se laver ou boire.
L'ordre d'examen, de complèments médicaux s'enchaîne, interrompu par les retours en attente… Les soignants passent, circulent, viennent chercher quelqu'un ou quelqu'une, trottent, sûrs de leurs faits et circuits…
Le temps est long, sans repère, seule échappée : la porte !
L'attente en salle générale permet de sortir de temps à autre pour prendre l'air ou fumer, se dégourdir les jambes, téléphoner… L'attente en salle spécifique est plus confinée…
Les examens sont sérieux, avec de "jeunes" médecins qui sont supervisés, complètés d'actes infirmiers. Ils se présentent aimablement, annoncent leurs tâches, écoutent, disparaissent, le médecin revient, continue ses recherches, analyses, tests, référencements, rapports… Ils sont jeunes, en bonne santé, ne font pas preuve de fatigue (en apparence ?)…
Puis on attend le compte-rendu écrit avec des indications médicales et un bref échange.
Au bout de 3 heures, 4 heures, vous êtes LIBÉRÉ, DÉLIVRÉ… !
Le personnel a déjà enchaîné, intercalant d'autres patients dans la chaîne de travail ;
De nuit
Il en va tout autrement la nuit…
Seule la salle d'attente générale est disponible, semble-t-il… de nombreuses personnes vont et viennent entre la salle, les toilettes, le parvis. De jeunes enfants accompagnent leurs parents. Beaucoup de personnes sont venues à deux. Beaucoup d'adultes d'origine étrangère… certaines avec des sacs…
Je revois un homme d'une cinquantaine d'années déjà présent la veille en salle d'attente médicale… il attendait un lit pour ses pathologies, mais n'en a pas eu… il parle une langue du Caucase ou de cette région… Il veille vaguement sur un sac de voyage, téléphone souvent ; entre, sort, s'assied, s'allonge, dort un peu dès le milieu de nuit.
Un homme plus jeune, plus petit, barbu, nerveux, parle fort : il semble venir des Balkans. Restera-t-il ? il n'attend pas d'admission. Il donne des ordres, demande des compte-rendus à ses questions prégnantes.
Une dame de la corne de l'Afrique, en vêtements traditionnels, finit par s'allonger par dessus les accoudoirs et dormir en attendant la personne qu'elle accompagnait…
Des hommes plus jeunes sont courbés sur les sièges en arrière, la capuche abaissée sur leur visage, comme pour éviter la lumière des néons. Parfois ils téléphonent discrètement.
Un homme, invisible, est couché dans un coin, derrière, sous les sièges…
Un couple est appelé, il se lève et disparait vers les salles d'examens.
Les enfants sont sages malgré l'heure…
Tout à coup une brochette de blouses banches s'échappe d'une porte, traverse la halle d'attente et entre précipitamment par une porte de l'autre côté…
Une dame, tout en rondeur, coiffée de tresses artificielles de couleur, échange régulièrement son manteau en peluche avec une autre personne… l'une sort, l'autre reste et inversement.
Beaucoup personnes passent aux toilettes… Périodiquement des personnes se servent à boire à la fontaine publique. Des avertis rechargent leur téléphone mobile aux prises électriques à disposition du public !
Beaucoup de gens sortent fumer pour patienter, calmer l'impatience, retrouver un parent…
Un jeune couple se chamaille doucement : il a besoin de son contact, mais elle veut "être dans sa bulle tranquille"… Ils sont pliés en deux sur leurs bagages… Elle parle des Archives à quelqu'un, puis chaque fois se rendort. Lui va et vient pour fumer. Chaque fois qu'il revient, il la caresse gentiment et elle le repousse et se plaint.
Tous sont au chaud, à l'abri de la radée qui tombera en milieu de nuit. C'est propre, calme… Les heures s'égrainent trop lentement. Toute position sur les sièges devient inconfortable… Les douleurs m'empêchent de réflèchir, d'écouter ou d'écrire quoique ce soit…
Des malades sortent parcimonieusement des salles de soins, cherchent un proche, attendent un véhicule pour rentrer… d'autres sont entreposés sur des brancards ailleurs…
Le coordinateur a plusieurs cerveaux en fonctionnement en même temps et autant d'ordinateurs, ils gèrent les passages, les aller-et-venues des soignants comme dans un poste d'aiguillage. Il est de bonne humeur, a de la bouteille dans son service… il a même de l'humour…
Un homme saoûl attend sur un fauteuil et commente les indications du médecin ! À mon passage le coordinateur lui demande s'il a quelque chose à ajouter !
Je m'éclipse dans la nuit sous la pluie malgré l'éclairage partiel des allées… tout est calme, humide, incertain. Je dormirai dans un lit le reste de la nuit, avant de revenir dans le même service au matin pour attendre d'autres heures et me faire soigner.
À Montchat on va à l'hôpital à pied…
*Mais cela ne se passe pas toujours ainsi…
*Autrefois, les Montchatois se rendaient plus volontiers à "Trarieux" comme ils disaient de la clinique E.André (1935-6/2019). ✍︎ à vous, communiquez votre expérience…
**actualités
Rappelons que les services sont en grève, et malgré tout assurent ; depuis 25 ans l'organisation des hôpitaux est problèmatique et continue à soigner… Comment tiennent-ils depuis cette folie de gestion ? sans parler de la période covid, dramatique, abusive, et sans compensation, ni leçon…
Bonsoir ,
RépondreSupprimeren 2022 en rentrant chez moi, je suis tombée sur mon bras qui s’est cassé ; mes enfants m’ont transporté aux urgences de HEH à 22h. J’ai été admise, introduite dans le cabinet infirmier, puis installée sur un brancard mobile. Là radio et tout s’est enchaîné assez logiquement et rapidement (je n’avais pas de notion du temps, car je n’avais pas ma montre)… On m’a plâtré assez vite et puis j’ai attendu un lit d’hospitalisation… là c’était long, ils cherchaient, attendaient ! J’étais toute seule au milieu d’autres personnes qui attendaient aussi des soins… mes enfants étalent dans le 1’halle d’attente…
J’avais besoin d’aller aux toilettes et c’était compliqué pour moi : je ne pouvais me lever et y aller toute seule ! Mais personne n’était disponible.
Au bout d’un moment, mon fils m’a rejoint dans le couloir d’attente et m’a conduite aux toilettes.
Puis après 2h du mat’ on m’a transportée dans un lit d’un service…
Et j’ai pu dormir !
Mais en fait, j’avais aussi un problème au bassin : je croyais à une sciatique récurrente ! Mais non je m’étais cassé le bassin ! Un mois d’hospitalisation + un mois ré-éducation !